Le p'tit Journal de Malartic

Chronique politique

 Par L-J Fecteau Lefebvre

Divergeons du média traditionnel en commençant par quelques lignes honnêtes. Si j’écris cette petite chronique, Dieu sait que ce n’est pas dans l’objectif de noircir des pages avec quelque chose d’insipide comme la coutume semble le vouloir dans les journaux les plus vendus, et surtout pas dans celui de faire de l’argent. Si j’écris, c’est pour apprendre à valoir la peine d’être lu, et ce journal est mon banc d’essai. Si par le plus grand des bonheurs vous apprenez quelque chose dans mes lignes alors personne n’aura perdu son temps.  Étant donné qu’il s’agit de ma première chronique, il convient de commencer par le début, et avant de se lancer dans le vif de divers sujets, par définir en-quoi consiste mon champ d’étude favori, la science nécessaire à toutes les autres sciences, savoir sans lequel nous en serions encore en tribus, à s’entretuer pour un demi-hibou mort. Vous avez deviné, il s’agit de la science politique.  Ça semble un brin évident, mais pourtant partout où j’ai eu le malheur de dire que j’étudiais en science politique, j’ai eu à répondre à des répliques du genre : « Tu veux devenir premier ministre? »  « Tes parents sont d’accord que tu étudies là-dedans? »
et la meilleure : « Tu veux devenir un bandit à cravate? ».  Devant cette légère incompréhension de ce qu’est la politique, quoi de mieux qu’une petite chronique dans le journal local pour dissiper tout malentendu possible?

Bref, la politique ne se limite pas au manège extravagant que nous offrent au quotidien ces quantités d’anciens avocats et économistes recyclés au parlement supposés nous représenter. La politique, c’est tout ce qui touche à la vie dans la cité. C’est le penser du vivre ensemble. La politique, ce sont des générations de penseurs et de philosophes qui ont participé à créer et à comprendre le monde dans lequel nous vivons et dont les noms comme Socrate, Platon, Aristote, Machiavel, Kant, Arendt, Strauss, Castoriadis,  traversent les âges plus aisément que n’importe quel héros de guerre. La politique c’est aussi le métier de milliers de
personnes que peu de gens connaissent car elles sont dans l’ombre des figures publiques et dont la tâche est de continuer à créer la manière dont nous cohabitons, en dirigeant les élus dans l’établissement de nouvelles lois.

Il est vrai qu’à l’origine, je me suis dirigé vers les sciences humaines au cégep dans le rêve de devenir premier ministre, mais quelques cours seulement à étudier ce vaste champ d’étude m’ont vite fait réaliser à quel point c’était inutile. On ne peut pas changer le monde en se contentant de le diriger. C’est en redonnant aux individus l’amour du politique que les choses pourront devenir intéressantes, et c’est ce pourquoi j’étudie en sciences politiques.

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