La ferme avicole Paul Richard

 Avant-gardiste et visionnaire

Par Louise Leboeuf

Pour le bien-être des poules, la famille Richard a réalisé  une transformation totale de l’un de ses trois poulaillers en installant des cages dites enrichies. Le 11 octobre dernier, la ferme avicole Paul Richard a célébré en grandes pompes l’arrivée des poules dans le tout nouveau poulailler. Devant plusieurs dignitaires, gens de l’industrie tant au fédéral qu’au provincial, le ministre de l’Agriculture, Pierre Corbeil, a louangé le courage et l’innovation des producteurs de la ferme Richard. C’est la première ferme avicole au Canada à introduire des cages enrichies qui respectent les normes européennes.

Les faits
La ferme devait entreprendre des travaux de rénovation dans le premier poulailler construit en 1970. Les producteurs ont  fait le choix d’opter pour l’achat de cages enrichies qui deviendront obligatoires dès 2012 dans les pays européens. Ces cages offrent un confort et un bien-être aux poules, leur permettant de satisfaire trois instincts : gratter le sol, se percher et se nicher. Ces instincts restaient inassouvis dans les cages conventionnelles. Dans les nouvelles cages, les poules se retrouvent en colonie de 60 et elles bénéficient de plus d’espace, près du double des normes canadiennes soit 117 pouces carrés de surface. Les cages enrichies comprennent un coin pour pondre à la noirceur et de perchoirs.  « Dès la première nuit, les poules se sont instinctivement perchées et 90% des œufs se retrouvaient en face du nid», se réjouit Diane Vaillancourt, membre de l’équipe de gestion de la ferme, épouse de Maurice Richard et mère de quatre enfants, dont les deux fils, Jean-Philippe et Alexandre, assurent la relève.

Rénovations majeures
Les producteurs ont planifié avec minutie les rénovations. «Tant qu’à changer les cages, on a décidé de construire un nouveau poulailler avec des normes plus éco- énergétiques», ajoute Diane Vaillancourt. La ferme avicole poursuit son virage vert.  Après avoir réduit leur dépendance au pétrole, en faisant rouler leurs camions et leurs tracteurs à l’huile de canola, pro-
duite sur leur terre, la ferme avicole se lance un nouveau défi de rénovation en harmonie avec la nature. «Avec la relève, on pense à long terme», précise Diane. Les producteurs se sont privés pendant deux mois de la ponte de 25 000 poules pour réaliser les transformations majeures. Les bandelettes de plastique of-frent  aux poules un espace clos et de la noirceur pour pondre. Cette amélioration a plu aux volatiles dès la première journée! Les investissements personnels de la ferme s’élèvent à 1.3M$.

Rien ne se perd
Le poulailler possède un plancher chauffant à l’eau chaude. L’eau est chauffée par des poêles aux granules dont les cubes énergétiques sont faits à partir de la paille des céréales produites à la ferme. Les murs et le plafond sont faits de panneaux structuraux et l’isolation est de R31. La ventilation est assurée par 16 cheminées. Les producteurs ont opté pour des lumières LED qui consomment 80% moins d’énergie. Le spectre lumineux est beaucoup plus élevé qu’une lumière normale qui aura pour effet, selon les recherches des producteurs, de diminuer le taux de cholestérol dans les œufs. De plus, la durée de vie de ces lumières  est de plus de 30 000 heures.

Et le fumier?
Les producteurs le font sécher avec l’air du poulailler qui serait normalement jeté à l’extérieur. La superficie totale du poulailler nouveau genre est de 45 pieds par 300 pieds.

Selon les statistiques, les producteurs devraient voir sous peu les avantages de l’introduction des cages enrichies. Pour eux, le temps parlera par lui-même, mais déjà après seulement un mois d’introduction, ils perçoivent bien des effets bénéfiques sur le comportement de l’animal. Ces cages rencontreront les normes obligatoires pour les poulaillers européens, et peut-être que les Richard ont été les visionnaires en Amérique du Nord.


2 commentaires

  • Micheline Hardel Reply

    25 mai 2012 à 3 h 03 min

    J’ai lu dans le journal La Presse un article concernant vos nouveaux poulaillers. Je vous félicite car je trouve que trop souvent ces petites bêtes sont mal traitées… toutefois nul part on nous dit où se procurer le poulet et les oeufs provenant de votre ferme. Je suis dans Laval et j’aimerais savoir si vous distribuez dans ce coin du Québec… Il faut encourager des projets comme les vôtres car c’est ainsi que nous réussirons à améliorer la qualité de nos animaux et aussi nous nous nourrirons mieux. Merci de votre belle initiative

    • Diane Vaillancourt Reply

      25 mai 2012 à 13 h 51 min

      Bonjour madame Hardel, merci pour vos bons mots.
      Nous sommes une ferme de poules pondeuses, nous n’avons donc que des oeufs à vendre.
      Nous sommes situés à Rivière-Héva en Abitibi. Nous sommes un petit producteur local, nous ne vendons pas à Laval. Si vous venez visiter l’Abitibi, vous pourrez acheter nos produits qui sont dans tous les IGA de notre région, sous l’appellation Les Oeufs Richard eggs inc.
      Merci et bonne journée.

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